[CORRIGÉ]
Introduction
L’infidélité, qu’elle soit émotionnelle, physique ou virtuelle, constitue un phénomène complexe et multidimensionnel qui interroge les fondements mêmes de la relation de couple. Dans un contexte sociétal où les normes conjugales évoluent, où les plateformes numériques redéfinissent les interactions amoureuses, et où les avancées en psychologie éclairent les mécanismes intimes, comprendre ce lexique devient essentiel. Ce guide propose quarante termes clés, présentés de manière alphabétique, afin d’éclairer les débats contemporains sur la fidélité, la sexualité et les dynamiques relationnelles. Destiné aux adultes souhaitant appréhender ces réalités sans jargon excessif, il s’appuie sur des sources académiques, des données épidémiologiques et des concepts théoriques validés. Que l’on soit concerné directement par une situation d’infidélité, que l’on cherche à mieux comprendre un partenaire ou que l’on s’interroge sur les enjeux des nouvelles formes de relations, cet ouvrage offre une base rigoureuse pour décrypter les comportements, les émotions et les mécanismes psychologiques en jeu.
Adultère
L’adultère désigne, d’un point de vue juridique et social, l’infidélité sexuelle d’un individu engagé dans une union matrimoniale ou une relation stable reconnue par la loi. Historiquement, il était strictement sanctionné par le droit canonique et les législations civiles, souvent au travers de peines infamantes ou de divorces prononcés à l’avantage de l’époux non fautif. En France, l’article 212 du Code civil stipule que les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance, bien que l’adultère ne soit plus un délit pénal depuis la loi du 11 juillet 1975. Aujourd’hui, sa définition oscille entre tradition et modernité : certains systèmes juridiques, comme aux États-Unis, l’intègrent encore dans les motifs de divorce, tandis que d’autres, comme en Espagne, l’ont totalement dépénalisé. Psychologiquement, l’adultère est souvent associé à une transgression des normes relationnelles, mais il peut aussi refléter des dynamiques de pouvoir, des besoins non comblés ou des crises identitaires. Les études montrent que sa prévalence varie selon les cultures, les genres et les générations, avec une tendance à la baisse chez les jeunes adultes, peut-être en raison d’une redéfinition des attentes en matière de couple.
Pour comprendre les motivations derrière ces comportements, consultez notre dossier sur la psychologie de l’infidélité et pourquoi on trompe.
Amour romantique vs conjugal
La distinction entre amour romantique et amour conjugal repose sur des dynamiques psychologiques et neurobiologiques distinctes, conceptualisées notamment par Robert Sternberg dans sa théorie triangulaire de l’amour. L’amour romantique, souvent idéalisé dans la culture populaire, est marqué par une intense passion, une idéalisation de l’autre et une préoccupation exclusive pour son partenaire, associée à une sécrétion accrue de dopamine et de noradrénaline. Il est éphémère par nature, comme en témoignent les études sur la durée moyenne des relations passionnelles (généralement entre 6 mois et 2 ans). À l’inverse, l’amour conjugal – ou amour compagnon – repose sur une combinaison d’intimité, de complicité et d’engagement à long terme. Sternberg y voit une forme d’attachement mature, où la passion peut s’atténuer au profit d’une sécurité affective et d’une interdépendance bienveillante. Les neurosciences révèlent que l’ocytocine, hormone de l’attachement, joue un rôle clé dans cette transition. Sociologiquement, cette évolution reflète une transition des sociétés traditionnelles vers des modèles relationnels plus flexibles, où l’amour n’est plus subordonné à des impératifs économiques ou familiaux. Cependant, cette dichotomie n’est pas absolue : les couples modernes cherchent souvent à réintroduire de la passion dans leur relation, tandis que des relations à long terme peuvent conserver des pics de romantisme.

Anxiété d’attachement
L’anxiété d’attachement est un style d’attachement insécure, théorisé par John Bowlby et développé par ses successeurs, où l’individu craint constamment l’abandon ou le rejet par son partenaire. Elle se manifeste par une hypervigilance aux signes de désamour, une tendance à la rumination, et des comportements de recherche excessive de réassurance. Dans le contexte de l’infidélité, ce trait de personnalité est souvent corrélé à des cycles de trahison répétée : l’individu anxieux peut soit provoquer des ruptures par des tests relationnels, soit tolérer des abus par peur de la solitude. Les études montrent que les personnes avec un attachement anxieux sont plus susceptibles de s’engager dans des relations extraconjugales, non par plaisir, mais comme mécanisme de régulation de leur angoisse. Paradoxalement, certains infidèles anxieux utilisent l’infidélité comme une preuve tangible de leur désirabilité, cherchant à combler un vide affectif. Thérapeutiquement, la prise de conscience de ce schéma et le travail sur l’estime de soi sont essentiels pour briser ce cycle. Les thérapies basées sur l’attachement, comme l’EFT (Emotionally Focused Therapy), ont démontré leur efficacité pour aider les couples à reconstruire une sécurité affective.
Aventure extraconjugale
Une aventure extraconjugale désigne une relation sexuelle ou romantique de courte ou moyenne durée, engagée en parallèle d’une relation principale, sans nécessairement impliquer un engagement émotionnel profond à long terme. Contrairement à une liaison durable, elle est souvent caractérisée par sa spontanéité, son absence de projet commun, et une certaine légèreté dans la gestion des émotions. Les recherches en sociologie des sexualités, comme celles de Pepper Schwartz ou Esther Perel, soulignent que les aventures extraconjugales servent parfois de soupape pour des individus insatisfaits de leur vie conjugale, sans pour autant vouloir rompre. Leur durée moyenne varie entre quelques semaines et deux ans, avec un pic autour de 6 à 12 mois. Psychologiquement, elles peuvent répondre à un besoin de nouveauté, de validation ou de reconnexion avec une part de soi oubliée. Cependant, elles comportent des risques : détection par le partenaire, complications émotionnelles, ou sentiment de culpabilité. Les profils types incluent des individus en crise existentielle, des personnes en quête de sensations fortes, ou des partenaires dont les besoins sexuels ou affectifs ne sont pas comblés. Il est crucial de distinguer l’aventure extraconjugale de l’infidélité chronique, où l’engagement dans des relations parallèles devient un mode de fonctionnement relationnel.
Plusieurs de ces termes apparaissent dans notre interview d’une psychothérapeute spécialisée en infidélité de couple.
Bisexualité situationnelle
La bisexualité situationnelle (ou bisexualité contingente) désigne une attirance ou une activité sexuelle envers des personnes de même genre, mais qui n’est pas ancrée dans une identité bisexuelle durable. Ce phénomène survient souvent dans des contextes où les opportunités hétérosexuelles sont limitées, comme en prison, dans des environnements militaires ou lors de voyages prolongés entre personnes du même sexe. Contrairement à l’orientation bisexuelle, où l’attirance pour plusieurs genres est stable et constitutive de l’identité, la bisexualité situationnelle est contextuelle et parfois perçue comme une transgression temporaire de normes sociales plutôt que comme une révélation identitaire. Les études de Kinsey dans les années 1940 ont montré que près de 37 % des hommes et 13 % des femmes avaient connu une expérience homosexuelle au moins une fois dans leur vie, sans pour autant s’identifier comme bisexuel·le·s. Ce concept interroge les frontières entre orientation, comportement et identité. Certains chercheurs, comme Lisa Diamond, soulignent que ces expériences peuvent être des étapes transitoires dans un parcours de découverte de soi, tandis que d’autres y voient une simple adaptation environnementale. Dans le cadre de l’infidélité, la bisexualité situationnelle peut compliquer la révélation d’une relation extraconjugale, surtout si le partenaire ignore ces attirances latentes.
Ces termes sont également utilisés dans les discussions de la communauté lesliaisonsdangereuses.fr, dédiée aux rencontres discrètes entre adultes.
Chatbots conversationnels

Les chatbots conversationnels sont des agents conversationnels artificiels, intégrés aux plateformes de rencontre en ligne, conçus pour simuler des interactions humaines et faciliter la mise en relation. Fonctionnant via des algorithmes d’intelligence artificielle (IA), ils analysent les profils des utilisateurs pour proposer des matches, engager des conversations préliminaires, ou même simuler des échanges romantiques ou sexuels. Leur utilisation soulève plusieurs enjeux dans le contexte de l’infidélité et des relations modernes. D’une part, ils peuvent créer des illusions de connexion, où l’utilisateur projette des émotions sur un programme, masquant ainsi des carences relationnelles réelles. D’autre part, des chatbots sophistiqués, comme ceux utilisés dans les romance scams, peuvent manipuler émotionnellement des individus vulnérables pour extorquer de l’argent ou des faveurs. Les plateformes comme Tinder ou Bumble intègrent désormais des systèmes de détection des chatbots, via des tests de Turing ou des analyses comportementales, pour lutter contre les faux profils. Cependant, la frontière entre un chatbot et un humain reste floue, notamment avec l’émergence de deepfakes vocaux ou textuels. Éthiquement, leur usage interroge : favorisent-ils une déshumanisation des relations, ou offrent-ils une nouvelle forme de sociabilité pour les personnes timides ou isolées ? Les recherches en psychologie des médias montrent que les interactions avec des IA peuvent satisfaire des besoins sociaux immédiats, mais rarement des besoins affectifs profonds.
Ce vocabulaire est utile pour lire les témoignages de personnes sur les sites de rencontre adultère.
Codépendance
La codépendance est un concept issu de la psychologie systémique, décrivant une dynamique relationnelle où un individu sacrifie ses propres besoins pour répondre à ceux de son partenaire, souvent au détriment de sa santé mentale et émotionnelle. Dans le contexte de l’infidélité, la codépendance se manifeste par des comportements de tolérance excessive envers les trahisons, par une minimisation des actes du partenaire infidèle, ou par une recherche compulsive de sa validation. Ce schéma, fréquent dans les relations toxiques, peut s’enraciner dans des expériences précoces de négligence ou d’abus, où l’individu a appris à prioriser les autres pour éviter le conflit ou l’abandon. Les études montrent que les partenaires codépendants ont souvent un style d’attachement anxieux ou évitant, et que leur estime de soi dépend fortement de l’approbation du conjoint. Thérapeutiquement, la prise de conscience de cette dynamique est cruciale, car elle permet de rompre le cycle de l’infidélité chronique ou de la soumission relationnelle. Des approches comme la thérapie centrée sur les schémas (Young) ou les groupes de parole pour conjoints de personnes infidèles (comme ceux proposés par Infidelity Recovery Institute) aident à reconstruire une autonomie affective. Il est important de distinguer la codépendance de l’empathie saine : la première est une pathologie relationnelle, tandis que la seconde est une capacité à comprendre et partager les émotions de l’autre sans se nier soi-même.
Compersion
La compersion est un concept central dans les communautés non monogames éthiques, désignant un sentiment de joie ou de satisfaction éprouvé lorsque son·sa partenaire s’engage dans une relation amoureuse ou sexuelle avec une autre personne. Contrairement à la jalousie, qui est une émotion de menace pour l’estime de soi, la compersion est une émotion d’abondance, où l’on perçoit l’amour comme un réservoir inépuisable plutôt qu’un gâteau à partager. Ce terme, popularisé par le polyamour dans les années 1990, illustre une forme de maturité affective où l’on dissocie l’amour du concept de possession exclusive. Psychologiquement, la compersion est souvent associée à un attachement sécure et à une faible anxiété relationnelle. Elle suppose une communication transparente, des règles négociées et un consentement mutuel. Cependant, elle n’est pas innée : elle se travaille, notamment via des exercices de visualisation ou des thérapies de groupe. Dans les relations monogames, la compersion peut inspirer une approche plus ouverte du couple, où l’on encourage l’épanouissement individuel sans percevoir cela comme une menace. Des auteurs comme Deborah Anapol ou Franklin Veaux ont exploré ce concept comme une alternative à la possessivité traditionnelle. Il est important de noter que la compersion n’implique pas l’absence totale de jalousie, mais plutôt sa transformation en une émotion constructive.
Dissociation émotionnelle
La dissociation émotionnelle est un mécanisme de défense psychologique caractérisé par une déconnexion entre les émotions ressenties et la conscience de ces émotions, souvent en réponse à un traumatisme ou à un stress extrême. Dans le contexte de l’infidélité, elle peut survenir chez l’infidèle comme chez le·a partenaire trahi·e. Chez l’infidèle, la dissociation permet de poursuivre une relation extraconjugale tout en minimisant la culpabilité ou la connexion affective avec le·a partenaire officiel·le. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les individus présentant des traits narcissiques ou antisociaux, capables de compartimenter leurs vies émotionnelles. Chez le·a partenaire trahi·e, la dissociation peut se manifester par un déni (“Ce n’est pas possible”), une minimisation de l’impact de l’infidélité, ou une incapacité à ressentir de la colère. Les neurosciences expliquent ce mécanisme comme une réponse adaptative visant à protéger l’individu d’une surcharge émotionnelle insupportable. Les thérapeutes encouragent souvent les patients à explorer et à réintégrer progressivement les émotions dissociées, afin de guérir les blessures relationnelles et de restaurer une communication émotionnelle authentique.