Dans cet article, Claire Vasseur, journaliste spécialisée dans les relations de couple, s’entretient avec le Dr Sophie Lambert, sexologue et thérapeute de couple basée à Paris. Avec 14 ans d’expérience, le Dr Lambert est une référence en matière de désir de couple et de thérapie post-infidélité. Cette interview explore les dimensions du désir extraconjugal, ses implications sur le couple et les solutions envisageables pour aborder ce sujet délicat.


Présentation du Dr Sophie Lambert

Claire Vasseur : Dr Lambert, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Sophie Lambert : Bien sûr, Claire. Je suis Sophie Lambert, sexologue et thérapeute de couple à Paris. Depuis quatorze ans, j’accompagne des couples et des individus dans leur cheminement autour de la sexualité et du désir. Mon approche est toujours bienveillante et nuancée, car, ce que je constate en consultation, c’est que chaque couple a sa propre histoire et ses propres défis. Au fil des années, j’ai pu observer une grande variété de situations — certaines parfois surprenantes — qui m’ont permis d’affiner mes méthodes. Par exemple, j’ai travaillé avec un couple où l’un des partenaires avait découvert un désir extraconjugal suite à un changement de carrière qui avait transformé sa vision de l’intimité. Ce type de situation est plus fréquent qu’on ne le pense, et les couples qui parviennent à communiquer ouvertement sur ces changements de vie ont souvent plus de chances de surmonter les difficultés qui en découlent. De plus, j’ai vu des situations où une simple évolution personnelle a amené à une réévaluation des priorités relationnelles.


Ce que révèle vraiment le désir extraconjugal

Claire Vasseur : Que révèle le désir extraconjugal sur un couple ?

Sophie Lambert : Le désir extraconjugal n’est pas nécessairement le signe d’une crise. Il peut révéler un manque dans la relation actuelle ou simplement une curiosité naturelle pour d’autres expériences. Parfois, il s’agit d’une quête d’épanouissement personnel. Ce que je constate en consultation, c’est que ces désirs peuvent aussi être le reflet d’une insatisfaction plus profonde, mais il faut nuancer chaque situation. Selon une étude récente, environ 20% des individus dans une relation stable ont admis avoir ressenti ce type de désir. De plus, cette proportion peut varier selon le contexte culturel, le milieu socio-économique et même l’âge des partenaires. Dans certains cas, le désir extraconjugal peut aussi être influencé par des facteurs externes tels que le stress professionnel ou des événements de vie majeurs. Il est essentiel de prendre en compte ces éléments pour comprendre la psychologie derrière ces désirs, comme évoqué dans notre psychologie de l’infidélité expliquée. De plus, des pays comme la France ont des perceptions nuancées de l’infidélité, où elle est parfois vue à travers le prisme du romantisme et de la quête personnelle plutôt que comme un simple échec.


Crise de couple ou quête d’épanouissement : comment distinguer

Claire Vasseur : Comment peut-on distinguer une crise de couple d’une quête d’épanouissement personnel ?

Sophie Lambert : C’est une question essentielle, Claire. Une crise de couple se manifeste souvent par des conflits fréquents, une communication rompue ou des ressentiments accumulés. Une quête d’épanouissement personnel, en revanche, peut se produire même dans une relation satisfaite. Ce que je constate en consultation, c’est que ces deux situations nécessitent des approches différentes. Par exemple, il est important de consulter notre guide de la relation extraconjugale discrète pour comprendre les dynamiques et agir de manière réfléchie. Dans certains cas, la distinction peut être subtile : un partenaire peut ressentir le besoin de se redécouvrir après un changement de vie, comme la naissance d’un enfant ou le départ des enfants du foyer, sans que cela ne soit directement lié à une insatisfaction conjugale. Il est donc primordial d’examiner les motivations sous-jacentes et de considérer les solutions qui permettent d’enrichir la relation existante sans nécessairement la remettre en question. Par ailleurs, il est crucial de mettre en place des espaces de dialogue constructif pour aborder ces questions délicates. J’ai vu des couples trouver une nouvelle harmonie en intégrant des activités communes qui répondent à leurs besoins individuels.


Différences observées entre hommes et femmes

Claire Vasseur : Y a-t-il des différences entre hommes et femmes dans le désir extraconjugal ?

Sophie Lambert : Oui, les motivations peuvent varier. Les hommes évoquent souvent une recherche de nouveauté ou un besoin physique, tandis que les femmes parlent plus de connexion émotionnelle ou de validation personnelle. Il faut nuancer ces observations, car chaque individu est unique. Des études montrent que 53% des hommes et 33% des femmes ont envisagé une relation extraconjugale pour des raisons différentes.

Motivation principaleHommesFemmes
Ont envisagé une relation extraconjugale53 %33 %
Motivation dominante évoquéeNouveauté sexuelle, besoin physiqueConnexion émotionnelle, reconnaissance
Lien avec l’estime de soiRecherche de validation par la conquêteBesoin d’être désirée à nouveau
Toutefois, ces chiffres peuvent varier selon les contextes culturels et personnels. Par exemple, dans certaines cultures, le poids des attentes traditionnelles peut influencer de manière significative la façon dont le désir extraconjugal est perçu et exprimé. En outre, l'évolution des rôles de genre a également un impact sur ces dynamiques, avec des femmes modernes cherchant parfois à exprimer leur autonomie à travers des expériences extraconjugales. De plus, les changements sociétaux récents ont permis à davantage de femmes de parler ouvertement de leurs désirs, ce qui peut également influencer les statistiques et les perceptions autour de ce sujet. Il est également intéressant de noter que l'accès à l'éducation et à l'emploi a modifié la perception du rôle des femmes dans les relations.

Sexologue en consultation de couple


Le rôle de l’estime de soi dans le passage à l’acte

Claire Vasseur : Quel rôle joue l’estime de soi dans le passage à l’acte ?

À retenir : l’estime de soi n’est pas qu’un facteur parmi d’autres — selon le Dr Lambert, elle est le principal levier sur lequel une thérapie peut agir avant même d’aborder la question de la fidélité elle-même.

Sophie Lambert : L’estime de soi est cruciale. Un manque d’estime peut pousser une personne à chercher validation et attention à l’extérieur de son couple. Ce que je constate en consultation, c’est que les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes sont plus susceptibles de céder au désir extraconjugal. À l’inverse, une bonne estime de soi permet de mieux gérer ces pulsions. Selon une étude de 2021, 65% des personnes ayant trompé ont reconnu que cela était lié à une période de doute personnel. Il est donc essentiel de travailler sur soi-même pour renforcer cette estime, par exemple en poursuivant des activités qui nous valorisent personnellement ou en consultant un professionnel du développement personnel. Les ressources sur l’épanouissement et confiance en soi peuvent être d’une grande aide pour ceux qui cherchent à comprendre et améliorer leur perception d’eux-mêmes. Par ailleurs, intégrer des pratiques comme la méditation ou des sessions régulières de coaching peut aussi contribuer à renforcer l’estime de soi et à prévenir des comportements impulsifs. J’ai personnellement vu des personnes transformer leur perception d’elles-mêmes en se lançant dans des projets créatifs ou sportifs.


Les pistes de dialogue qui fonctionnent

Claire Vasseur : Quelles pistes de dialogue conseillez-vous aux couples ?

Sophie Lambert : La communication est clé. Il est essentiel d’aborder le sujet avec ouverture et sans jugement. Parler de ses désirs, même extraconjugaux, peut renforcer la complicité si cela est fait dans le respect de l’autre. Ce que je constate en consultation, c’est que les couples qui réussissent à dialoguer sans crainte de représailles parviennent souvent à surmonter ces challenges. Je recommande souvent de lire les témoignages de personnes concernées pour s’inspirer d’autres expériences. Ces récits peuvent offrir des perspectives nouvelles et des stratégies éprouvées pour naviguer dans des situations similaires. Par exemple, un couple que j’ai suivi a réussi à transformer une situation de tension en une occasion de redéfinir leurs attentes et de renforcer leur engagement mutuel, simplement en osant se parler honnêtement de leurs désirs et peurs. En outre, des ateliers de communication et des retraites de couple peuvent également fournir un cadre structuré pour explorer ces dialogues de manière constructive. J’encourage les couples à instaurer des moments réguliers pour discuter de leurs ressentis, ce qui peut prévenir l’accumulation de tensions.


Tableau récapitulatif : signaux d’une crise vs signaux d’une quête personnelle

Claire Vasseur : Pouvez-vous nous donner un tableau récapitulatif des signaux à surveiller ?

Sophie Lambert : Bien sûr. Voici quelques signaux clés :

Signaux de crise de coupleSignaux de quête personnelle
Communication rompueBesoin de nouveauté
Conflits fréquentsRecherche d’épanouissement
Sentiment de détachementCuriosité pour d’autres expériences

Ces signaux ne sont pas exhaustifs, mais ils offrent un cadre de réflexion pour mieux comprendre la dynamique en jeu. Il est important de se rappeler que ces indicateurs doivent être analysés dans le contexte global de la relation. Par exemple, un sentiment de détachement peut être temporaire et lié à des facteurs externes tels que le stress professionnel ou des responsabilités familiales accrues. De même, ce besoin de nouveauté peut être satisfait par l’introduction de nouvelles activités communes ou la redécouverte de centres d’intérêt partagés. Il est également essentiel d’être attentif aux changements de comportement soudains, qui peuvent souvent indiquer des besoins non satisfaits ou des tensions sous-jacentes. Pour certains couples, l’arrivée d’un nouvel enfant ou un déménagement peuvent également être des moments de fragilité à surveiller.


Que faire après la découverte d’une infidélité

Claire Vasseur : Que conseillez-vous après la découverte d’une infidélité ?

Sophie Lambert : D’abord, il est crucial de ne pas réagir à chaud. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous ressentez et à ce que vous souhaitez. Ensuite, engagez un dialogue honnête avec votre partenaire. Si besoin, consultez un thérapeute pour vous accompagner dans cette démarche. Selon une étude de 2022, 75% des couples ayant survécu à une infidélité ont mentionné l’importance de la thérapie. Je recommande également notre interview de notre thérapeute de couple pour des perspectives supplémentaires. La thérapie peut offrir un espace sécurisé pour explorer les émotions complexes qui accompagnent la découverte d’une infidélité et pour développer un plan d’action qui respecte les besoins et les limites de chacun. J’ai travaillé avec des couples qui, après une infidélité, ont non seulement reconstruit leur relation mais l’ont également renforcée en intégrant des pratiques de communication plus ouvertes et en revisitant leurs engagements mutuels. Il est également important de s’accorder du temps pour guérir individuellement, ce qui peut inclure des pratiques de méditation ou de journalisation pour mieux traiter ses émotions. Certains couples choisissent de voyager ensemble pour se retrouver dans un nouvel environnement, favorisant ainsi un renouveau relationnel.

Couple en dialogue thérapeutique sur le désir


Son conseil pour les couples qui traversent cette période

Claire Vasseur : Quel est votre conseil principal pour les couples en difficulté ?

Sophie Lambert : Chaque couple a sa propre histoire, mais voici quelques conseils pratiques :

  1. Rétablir la communication : Parler sans tabou et écouter activement.
  2. Travailler sur soi : Renforcer l’estime personnelle pour mieux gérer les défis.
  3. Consulter un professionnel : Ne pas hésiter à chercher de l’aide extérieure.

Ces étapes peuvent aider à franchir ce cap difficile et potentiellement renforcer la relation. Un couple que j’ai suivi a trouvé un nouveau souffle en introduisant des rituels hebdomadaires qui leur permettent de se reconnecter, tels que des soirées dédiées à discuter de leurs projets futurs ou simplement à partager un moment de détente loin des préoccupations quotidiennes. C’est souvent dans ces moments de vulnérabilité partagée que les liens se resserrent et que la relation évolue vers une dynamique plus authentique et plus épanouissante. En outre, il est bénéfique de participer à des ateliers de développement personnel qui peuvent proposer des outils pratiques pour améliorer la communication et l’interaction au sein du couple. L’adoption d’une activité commune, comme le yoga ou la randonnée, peut également renforcer le lien et offrir de nouveaux sujets de conversation.


Vrai ou faux avec le Dr Lambert

Claire Vasseur : À présent, passons à quelques questions rapides. Vrai ou faux : le désir extraconjugal signifie que le couple ne fonctionne plus.

Sophie Lambert : Faux. Le désir extraconjugal peut coexister avec un couple globalement satisfaisant. Il ne signifie pas nécessairement que la relation est vouée à l’échec.

Conseil : avant de tirer une conclusion hâtive sur l’état de votre couple, distinguez si le désir traduit un manque relationnel réel ou une quête d’épanouissement personnel indépendante de la qualité du couple — les deux appellent des réponses très différentes.


Claire Vasseur : Est-ce que les hommes et les femmes vivent le désir extraconjugal différemment ?

Sophie Lambert : Vrai. Les études montrent des motivations souvent différentes : les hommes évoquent plus fréquemment la nouveauté, tandis que les femmes cherchent souvent une connexion émotionnelle.


Claire Vasseur : Peut-on parler de ses envies extraconjugales à son partenaire sans détruire le couple ?

Sophie Lambert : Vrai. Cela dépend du cadre du couple et de la solidité du dialogue existant. Une thérapie de couple permet parfois de créer un espace sécurisé pour ces discussions.


Claire Vasseur : L’estime de soi est-elle cruciale dans le désir extraconjugal ?

Sophie Lambert : Vrai. Une bonne estime de soi aide à gérer et comprendre ses désirs, tandis qu’une faible estime peut entraîner des comportements impulsifs.


Claire Vasseur : Les couples peuvent-ils survivre à une infidélité ?

Sophie Lambert : Vrai. Avec du travail, de la communication et parfois l’aide d’un professionnel, de nombreux couples surmontent une infidélité.


Pour en savoir plus sur l’épanouissement personnel et la confiance en soi, vous pouvez consulter des ressources sur épanouissement et confiance en soi. Ces informations peuvent vous aider à mieux comprendre les dynamiques relationnelles et personnelles.